Zabaware Mutley

27 février 2025 0:19

Maman tu me manque  

Le 11 février, maman, tu m'as quitté dans cette douleur atroce, assistée par des soins palliatifs, des plus sombres que l'on ne peut soutenir. J'ai toujours été là, toujours, quand cette maladie a commencé à t'envahir. Tu me disais : "Qu'est-ce que c'est ? Je n'ai jamais eu ça..." et j'étais sans réponse. Je ne savais plus comment t'aider à ne pas avoir mal. J'ai tout fait pour te soigner de ce mal de dos que tu avais tous les soirs, et seuls mes massages à la pommade Baum Aroma pouvaient te permettre de passer une nuit à peu près normale. Je te disais : "Ça va mieux maintenant", et tu me souriais pour me faire plaisir. Mais cela ne me rassurait pas pour autant, car je ne savais pas la cause de ces symptômes.

Ce passage du mal de dos a duré quelques jours avant l'arrivée d'autres symptômes plus récurrents : des hoquets, des rots, des nausées, en permanence et de manière épisodique, t'empêchant de te nourrir normalement. Tu as commencé à te dénutrir. Toute nourriture était impossible pour toi. Je suis allé à la pharmacie pour demander de l'aide. Ils m'ont fait essayer des compléments alimentaires. Cela a un peu aidé, mais finalement, c'était de pire en pire. Tu as perdu tes forces, tu ne pouvais plus te lever sans aide. Je te portais d'une pièce à l'autre, pour t'aider à t'asseoir dans la salle de séjour, puis pour aller dans ta chambre. Ton visage portait des traces marquées aux joues et derrière les épaules. J'étais traumatisé de te voir comme ça.

Puis un matin, un lundi de janvier dernier, cette phase est arrivée, où tu m'as dit : "C'est tout mon physique qui ne va plus !" Paniqué, j'ai appelé le SAMU. Ils ont mis un temps interminable avant de m'envoyer une ambulance, et puis finalement, les pompiers sont venus à la place. J'épargne le transport désastreux dans le fourgon du SAMU, secoué dans tous les sens. Tu étais avec un masque à oxygène.

Puis, arrivée aux urgences de l'hôpital Pasteur de Nice, tu as subi un arrêt cardiaque, car tu étais épuisée par cette chose. Tu es restée une semaine et demie, avec un scanner mobile et un scanner d'examen. Puis, un après-midi comme les autres, quand je suis venu auprès de toi, le médecin en chef a tenu à me parler en personne. Elle m'a amené à son bureau et a commencé à me poser des tas de questions :

"Votre maman a-t-elle été suivie par un oncologue en 2021 ?"

Je lui ai répondu que oui, qu'elle avait cinq nodules de petite grosseur au sein droit et quatre au sein gauche, qu'il était prévu de lui faire une ablation des deux seins, mais que, vu son âge, cette intervention était risquée et que son oncologue avait considéré qu'un médicament hormonal suffirait pour pallier ce problème.

Le médecin en chef m'a fait le constat d'une migration de métastases des plus dangereuses en bas du pelvis, autour du foie, et qu'elle avait un poumon abîmé comme celui d'un grand fumeur, alors qu'elle ne fumait plus depuis l'âge de 40 ans.

Suite à cela, ma maman a été transférée en soins palliatifs à l'hôpital l'Archet 1 à Nice. Cela a été l'horreur pour elle, de la voir droguée à bloc et de constater certaines malveillances des équipes de cette section. Leur ironie et leurs réflexions sur les malades me glaçaient le sang.

Ma maman était complètement anéantie, la bouche ouverte à chacune de mes visites, et le regard perdu dans le vide. Je l'ai serrée dans mes bras, embrassé son visage et de nouveau tenue contre moi, car je savais que je la perdais. Je suis parti par le transport en commun, j'étais vidé, dans le néant.

Le lendemain, j'étais dans ma voiture, et là, mon téléphone sonne pour m'annoncer la pire nouvelle de ma vie. J'étais complètement comme un automate, garé en travers de la route, perdu, vidé.

Depuis son décès, j'ai essayé d'avoir un peu de soutien d'un cousin que je croyais sincère. Le jour de la perte de ma mère, il m'a asséné d'insultes, d'attaques morales d'une force inouïe, comparant ma mère incinérée à son chat enterré entre quatre planches, et aux os de son père qu'il a fait transférer dans le caveau de son beau-père et de sa mère. Il me reprochait de ne pas lui avoir fait un enterrement plus "beau", de quitter l'appartement de ma mère "en location", de lui retirer un peu d'argent pour payer l'EDF sur son compte. Il m'a traité de fainéant, de voleur, m'accusant d'avoir profité quand je travaillais avec mon père en coiffure. Il m'a envoyé tout son déballage d'ordures en pleine figure, me traitant de "nombril du monde". Il m'a fait croire, juste un jour avant, que je pouvais compter sur ses conseils, montrant une certaine empathie, pour mieux m'éjecter le pire jour de ma vie. J'ai mis une semaine et demie à me remettre de son venin dégoûtant.

Depuis, je suis seul à payer toutes les factures de l'appartement. J'assume tout seul de le débarrasser, de réduire le plus possible, de m'occuper de tout l'administratif : changement de nom, résiliations, contacter des agences dans d'autres départements, car sur la côte, je n'ai aucune chance de trouver un logement. C'est trop cher et il y a trop de demandes. Impossible, surtout pour un petit loyer. Je cherche un T1 ou similaire et un garage fermé pour ma voiture, que je tiens absolument à protéger.

C'est tout ce qu'il me reste d'humain, car je suis seul.

Mon propriétaire a pleuré en me voyant dans cette situation, et j'ai pu m'arranger avec lui pour le dernier loyer d'hiver. C'est très cher ici, et je ne pourrai pas rester. Je fais de la dépression tous les jours, je transpire souvent, et je somnole constamment. Je dors juste quatre heures par nuit. Vivre dans un lieu où j'ai vécu avec ma mère pendant 25 ans, je n'en peux plus, c'est trop dur.

Mais le pire, c'est d'être seul, sans aucune famille ni amis.

J'ai vécu 63 ans avec ma mère. Je ne connaissais qu'elle. Et elle me manque énormément.

Je n'arrive pas à pleurer depuis tous ces événements, mais je sens que cela monte fortement par moments.

J'ai peur tous les jours d'être face à l'inconnu, sans personne pour me soutenir, sans personne à qui parler.

Réponse
Laure Castel

Laure Castel

27 février 2025 15:56

Maman tu me manque  

Bonjour,

Au nom de toute l'équipe d'Aidons les nôtres, nous vous présentons nos sincères condoléances.

Le deuil est un processus long.

Je vous invite à lire ces articles (si ce n'est pas déjà fait), qui pourront peut-être vous aider :

Laure, Modératrice

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